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Vélib, 10 ans après quels impacts sur la mobilité ?

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A l’occasion de la première « Journée mondiale pour le vélo » instaurée par l’ONU, le 4 juin, Forum Vies Mobiles (think tank de la mobilité soutenu par la SNCF) dévoile les premiers résultats de son étude intitulée  : « Vélib’, 10 ans plus tard : quels impacts ? ». L’objectif de cette étude (réalisée auprès de 716 répondants : des usagers du vélo personnel (40%), des usagers du Vélib’ (38%) et des non usagers (20% des répondants)) est de savoir si, 10 ans après son lancement, Velib’ a tenu toutes ses promesses ? Quels ont été ses impacts sur la mobilité et les modes de vie des Franciliens ?  Pour faire simple, Vélib’ est-il une politique de mobilité durable efficace ? Une question d’autant plus d’actualité avec les bugs de fonctionnement rencontrés par le système depuis le début de l’année 2018 et le changement d’opérateur.

Les premiers résultats connus de l’étude font notamment ressortir les relations entre Velib’ et les autres modes de déplacement. Et es résultats sont assez étonnants.

Vélib’ et l’auto : un report modal limité
Selon la Mairie de Paris, le déploiement de Vélib’ devait permettre de réduire la circulation automobile au profit du vélo. Pour autant, dix ans après sa mise en place, les impacts du service en termes de report de la voiture vers le vélo apparaissent très décevants. Les anciens automobilistes sont très minoritaires (moins de 5%) parmi les utilisateurs de Vélib’. L’essentiel de ses utilisateurs se déplaçaient auparavant en transports collectifs ou à pied sur les trajets qu’ils font aujourd’hui en Vélib’.

Vélib’ et les transports en commun : des intérêts communs
Un effet collatéral inattendu est que Vélib’ libère de la place dans les rames en heures de pointe, puisqu’il est très utilisé sur ces plages horaires. Au regard de la saturation des transports collectifs franciliens, c’est positif !

Vélib’ et le vélo : une utilisation différente
Là où les usagers du vélo personnel ont tendance à privilégier systématiquement le vélo pour se déplacer et à adapter leur mode de vie aux contraintes de la pratique cycliste, les usagers du Vélib’ sont bien plus intermodaux et multimodaux. Il profitent de la flexibilité propre aux systèmes de vélo en libre-service (VLS) pour arbitrer avec les autres modes qu’ils ont à disposition selon la météo, le programme de leur journée, leur tenue vestimentaire, la disponibilité d’un Vélib’… Autrement dit la pratique du vélo individuel procède d’un choix fort qui structure le mode de vie, là où la pratique du Vélib’ est d’avantage une option supplémentaire au service d’un mode de vie déjà en place.
Le Vélib’ et le vélo personnel rendent possibles des pratiques différentes, ce qui explique que certains Franciliens utilisent les deux.
Vélib’ permet à certains Franciliens de découvrir et de tester la pratique cycliste, avant d’en faire une routine, et parfois d’acheter son propre vélo. A l’inverse, certains utilisateurs du vélo personnel se (ré)orientent parfois vers Vélib’ pour des raisons pratiques (difficulté à stationner son vélo, externalisation de la maintenance du vélo, coût plus faible, vol de vélo…).

Concernant l’étude,  lancée en octobre 2017, le Forum Vies Mobiles en a confié la réalisation  à deux groupes d’étudiants de l’École d’Urbanisme de Paris, dans le cadre d’ateliers professionnels. Outre l’étude quantitative, elle a donné lie également à une étude avec 34 entretiens réalisés.